En finir avec l’extrême pauvreté : les socialistes européens doivent proposer un nouveau modèle de développement
Le city group d’Angers (France) a invité jeudi 13 janvier Philip Cordery, Secrétaire Général du PSE, et Liêm Hoang Ngoc, député européen, à participer à un ciné-débat autour du film « La fin de la pauvreté ? » de Philippe Diaz.
Un format original, pour une discussion constructive sur base des thèmes évoqués par le film : les moyens d’éradiquer l’extrême pauvreté, la solidarité internationale, mais aussi l’échec du système capitaliste néolibéral, qui a mis en place et perpétue ces inégalités insoutenables dans le monde.
La lutte contre les inégalités et la solidarité sont le fondement même du combat politique des socialistes. Notre vision est celle d’un monde où le citoyen est au cœur du système.
Philip Cordery a rappelé que l’objectif premier des socialistes est le respect du calendrier des Objectifs du Millénaire pour le Développement (qui doivent être atteints en 2015). Pour cela, les socialistes européens réclament une action globale de l’Union Européenne, en matière d’aides au développement, d’accords commerciaux justes avec les pays en développement, de politique agricole pour mettre fin à la crise alimentaire mondiale, de droit à un travail décent, et d’annulation de la dette des pays pauvres très endettés.
Pourtant, les intervenants ont souligné que ce ne seront que des mesures de court terme. Le vrai défi, en tant que socialistes, est de repenser un nouveau modèle de développement, un modèle basé sur l’équilibre entre croissance économique, justice sociale et développement durable au niveau mondial, un modèle qui, contrairement au modèle capitaliste néolibéral, ne repose pas sur les inégalités.
Philip Cordery a dénoncé un système injuste, et non respectueux de la personne. Il faut donc inventer un système de solidarité internationale qui assure une redistribution juste des richesses à l’échelle mondiale, ou du moins en premier lieu de l’UE, qui doit être à la pointe de ce combat.
Les ressources et les richesses existent pour mettre fin à l’extrême pauvreté dans le monde. Notre ambition est d’être à la hauteur de nos pères politiques qui, il y a plus d’un siècle, ont créé des impôts justes et un système de protection sociale à l’échelle nationale (sécurité sociale, allocation chômage, etc.) : nous devons aujourd’hui penser une nouvelle structure de redistribution à l’échelle de la planète. C’est pourquoi nous nous battons pour une large réforme des marchés financiers et pour la création d’une fiscalité internationale permettant une redistribution juste des richesses.
Soyons clairs, une taxe mondiale sur les transactions financières de 0,01% générerait un montant suffisant pour financer la totalité de l’aide au développement nécessaire à l’éradication de l’extrême pauvreté (environ 200 milliards d’euros par an). Mettre fin à l’évasion fiscale permettrait de dégager un montant qui à lui seul financerait chaque année la quasi totalité du service de la dette extérieure des pays en développement.
Il faut aller chercher l’argent là où elle est. Nous entendons faire pression sur les pouvoirs en place pour mettre en place ces mesures d’encadrement des marchés financiers, d’abolition des paradis fiscaux, de taxe sur les transactions financières, grâce à la campagne « Les Européens pour la réforme financière » menée par une grande coalition de progressistes. Nous voulons, et devons, exiger un système financier sain, pour éradiquer la pauvreté.
Le niveau de pauvreté que nous connaissons aujourd’hui dans le monde est intolérable, et les masses englouties dans le sauvetage des banques en sont d’autant plus indécentes. C’est pourquoi nous devons changer le système qui a permis cela. Nous, progressistes, en avons la volonté politique.
Article paru sur le site du Parti Socialiste Européen: http://www.pes.org/fr/blogs/pes-blog/en-finir-avec-l-extreme-pauvrete-les-socialistes-europeens-doivent-proposer-un-nouvea