Frêche / Couderc: un bras de fer de haut niveau!
Alors que George Frêche (PS), président sortant de la Région Languedoc Roussillon entend faire du tourisme, du développement durable et de l'emploi ces priorités afin d'aiguiser l'attractivité de notre belle région, M. Couderc (UMP) annonce que sa première mesure sera de changer le logo de la région. Décidemment ce Couderc ne changera pas de si tôt, toujours aussi vide...de propositions concrètes!!
Ci dessous l'article de Midi Libre paru le samedi 9 janvier:
George Frêche
Que peut-on vous souhaiter pour 2010 ?
Continuer à agir et à faciliter la vie des habitants de la région. Etre sur le terrain avec mon bâton de pèlerin pour soutenir les entreprises.
Et que souhaitez-vous à M. Couderc ?
De s’occuper de Béziers et de la développer dans l’intérêt des Biterrois.
La fin d’année a été tumultueuse pour vous. Notamment sur le plan politique ?
Je ne suis pas d’accord. Cela a été tumultueux pour ma santé. Depuis, je me porte très bien. Je me suis reposé et on m’a fait des infiltrations.
Votre santé préoccupe…
Après les élections, je vais devoir me faire réopérer. On va me mettre une hanche en plastique pour pouvoir abandonner la canne. L’été dernier, on m’a opéré du bas de la colonne vertébrale, mais la jambe me fait toujours mal.
Et la santé économique de la région ?
Malgré la crise, 2009 a été fructueux. J’ai signé quatre dossiers essentiels. L’accord de financement du contournement à grande vitesse Nîmes-Montpellier est réglé et, en 2013, le TGV roulera. Nous transformerons alors le TER en un métro régional à ciel ouvert avec un cadencement de dix minutes sur Nîmes-Montpellier. Puis, ce sera au tour des lignes d’Alès et
de Perpignan. A ce sujet, nous sommes débordés par le succès de Kartatoo qui permet de voyager à tarif réduit dans les TER, bus et tramways.
Couderc veut un TER par demi-heure ?
Il brasse du vent. C’est impossible sans le contournement Montpellier-Nîmes. Il n’a pas compris que la SNCF donnait la priorité aux lignes internationales.
Et les trois autres dossiers ?
C’est, avec France Télécom, la couverture totale du territoire en très haut débit : cela concerne 400 000 personnes. On a aussi conclu le plan Campus. Dans trois ans, ce projet d’université unique s’étendra aux facs de Perpignan et Nîmes. Pour ce plan, la Région donne 166,5 M€, soit la moitié de la part de l’Etat. Le quatrième dossier, c’est la future gare SNCF de Montpellier. Le financement est bouclé. Chaque année, 7 millions de voyageurs entrent chez nous par cette gare. Elle sera enfin digne de son nom.
Est-ce cela la signature "Frêche" ?
Ma signature a une valeur. Ces dossiers servent à aménager et à développer la région. Politiquement, c’est une réponse à ceux qui me reprochent d’agir seul. J’ai œuvré en partenariat avec l’Etat, l’Europe, les collectivités locales ou des groupes privés. Y compris pour le port de Sète. Nous avons lancé un appel d’offres de 500 M€ pour équiper en panneaux photovoltaïques les bâtiments de la Région. Soit une économie d’énergie qui représente la consommation de quatre villes comme Montpellier. Les 14 parcs d’activités créés vont maintenant rapporter. Ce travail me vaut d’être classé comme le meilleur gestionnaire des régions françaises par le magazine Challenges. Cela fait plaisir : de gauche mais de HEC !
Faut-il y voir l’ossature du programme ?
Mon programme, c’est le 23 janvier. Deux priorités : création d’emplois et développement durable. Mon leitmotiv, c’est de décomplexer notre région. Bientôt, nous serons la 6e ou 7e de France la plus peuplée. Pour attirer les investisseurs, il faut voir grand. Pour la première fois, la Région investit plus que l’Etat en Languedoc-Roussillon.
Vous êtes attaqué à droite, mais aussi à gauche. Vous sentez-vous menacé ?
Non. Ceux qui m’attaquent font du TSF, Tout sauf Frêche et ne proposent rien, ils veulent tuer Frêche. Moi, je réponds par TLR, Tout pour le Languedoc-Roussillon. C’est le nom de la liste !
L’échec de la Septimanie et la très forte augmentation des impôts en début de mandat ne vont-ils pas vous pénaliser ?
Les impôts, il le fallait pour lancer les projets. Après, ils n’ont pas bougé pendant cinq ans. Je m’engage à ne pas les augmenter pendant quatre ans. La Septimanie, je n’ai pas pu défendre mon projet à cause de la maladie. Aujourd’hui, c’est abandonné.
Et les affaires des harkis, des blacks…
Elles sont jugées, je suis innocenté. J’ai gagné six procès. Celui qui me diffamera sera poursuivi. J’ai attaqué Lefebvre et Besson.
Le non label du PS : atout ou handicap ?
C’est un bien. J’ai le soutien du PS sans l’avoir de façon ostentatoire. L’onction Aubry peut faire perdre des voix.
Vos ex-amis du PS - Alliès, Lazerges - soutenus par Mandroux et Vezinhet pourraient monter une liste…
Un quarteron d’isolés ! Je n’ai qu’un adversaire : c’est Couderc et les siens.
C’est votre dernier mandat ?
On verra. Clemenceau a gagné la Première Guerre mondiale à 86 ans, Roosevelt a gagné la Seconde paralysé.
Un héritier ?
Plusieurs. Y compris des femmes.
Votre premier acte si vous êtes réélu ?
Priorité au tourisme. Je multiplierai les crédits par quatre ou cinq. Je fermerai la Maison du Languedoc à Milan (Italie, NDLR) et j’en ouvrirai cinq ou six de plus.
Si vous êtes battu ?
J’écrirai mes mémoires.
Raymond Couderc
Que peut-on vous souhaiter pour 2010 ?
D’être en bonne santé. De pouvoir vivre sa vie pleinement. Et que nos efforts soient couronnés de succès au soir de la victoire le 21 mars.
Et que souhaitez-vous à M. Frêche ?
La santé… et une bonne retraite. Il a fait des choses bien à Montpellier puis il a perdu le sens de la mesure, des réalités et du travail en équipe. Il aurait mieux fait de choisir la retraite plutôt que d’y être poussé.
Par vous ?
J’espère bien y contribuer.
En 2009, vous n’avez pas été tendre avec lui. Vous le surnommez l’Empereur de Septimanie, vous parlez de mépris… est-ce le ton de votre campagne ?
Non. Aujourd’hui, je travaille sur les idées, sur le programme. Il y a en d’autres qui se chargent de rappeler les dérapages verbaux de Georges Frêche. Je n’ai pas besoin d’en rajouter. On sait très bien ce qu’il a dit sur les « cons », les « harkis », les « blacks », les « esclaves »…
Frêche a pris une Biterroise en n° 2 sur sa liste et vous une Montpelliéraine. C’est la réponse du berger…
Je n’en sais rien. J’avais décidé de faire appel à Elyett Hermann avant qu’il ne recherche son n° 2 à Béziers.
Vous allez attaquer son bilan ?
Oui, car il annonce un bilan fabuleux. Et c’est ridicule ! Il n’y a pas un seul domaine dans lequel on trouve une action satisfaisante. Pour l’économie, il parle du développement des parcs d’activités. Aucun n’a été réalisé. Il n’y a que des riches. Le train express régional (TER) : nous sommes les derniers en France sur la plupart des critères. Les lycées, on nous raconte des histoires. Il en avait annoncé douze. Un seul a été reconstruit et les quatre autres étaient programmés par Jacques Blanc en accord avec le rectorat. Il a loupé sa promesse. Comme toujours avec lui, c’est de la propagande et de l’esbroufe, du matraquage publicitaire !
Mais n’a-t-il pas a fédéré les énergies autour du plan Campus ?
C’est bidon. La quasi-totalité des régions donnent un euro lorsque l’Etat donne un euro. Ici, Frêche donne cinquante centimes.
Vous êtes sur une ligne anti-Frêche ?
Moi, je pars d’un constat. La situation actuelle n’est pas satisfaisante et je fais des propositions. Par exemple, pour le TER, je propose la création d’un transport cadencé à la demi-heure pour commencer. Et je suis favorable au développement de la vidéo-protection qu’il faut étendre aux lycées. On ne peut travailler correctement que dans une atmosphère paisible. Côté tourisme, je veux lancer une structure, Atout Languedoc, c’est-à-dire une agence publique de développement et d’ingénierie touristique. Ici, le tourisme représente 15 % du PIB alors que la Région n’investit que 1 % de son budget. C’est scandaleux. En cinq ans, seulement trente gîtes ruraux ont été aidés. Ce secteur a été totalement abandonné. Les seuls gros investissements, c’est la Grande salle avec 6 M€ et l’aquarium de Montpellier avec 4 M€. Pour les autres, rien. Il faut investir et désaisonaliser le tourisme en couvrant les équipements pour les utiliser en période creuse. Il faut multiplier les lignes low-cost sur les cinq aéroports de la région et miser sur le TGV.
Que ferez-vous de Sud de France ?
La marque, ce n’est pas mal. Mais il faut faire le ménage. Elle a été galvaudée. On trouve des salades d’Espagne conditionnées dans les Pyrénées-Orientales, des ananas, etc. Les produits médiocres portent préjudice à l’ensemble de la marque. Il faut la nettoyer. Il faut une politique de normes et de qualité.
Conserverez-vous l’ambassadrice Sud de France Alexandra Rosenfeld ?
J’aime bien Alexandra, je connais ses parents, elle est originaire du Biterrois, mais je ne crois pas que ce choix ait été judicieux.
Et les Maisons du Languedoc-Roussillon dans le monde ?
Elles coûtent 25 000 € par jour et n’apportent aucune réponse. C’est une vitrine cachée et le personnel s’y ennuie. Il faut les fermer et travailler avec des forces de vente dynamiques qui arpenteront les marchés internationaux.
Frêche veut faire de l’emploi son cheval de bataille. Et vous ?
Il est très mal placé pour en parler avec 12,7 % de chômeurs et une région championne de France des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté avec 18,4 %. Sur l’indication de santé sociale, nous sommes 22e sur 22 et sur le revenu brut disponible par habitant, nous sommes 21e. Il faut agir vite… la région est dernière de la classe partout !
Quel sera votre première mesure si vous êtes élu ?
Ce n’est pas ma préoccupation majeure, mais il faudra changer le logo de la région. Revenir à nos racines avec la croix du Languedoc et le drapeau catalan.
Vous êtes un vieux briscard de la politique. Pourquoi ne pas céder la place aux jeunes ?
Je n’ai pas l’intention de m’incruster jusqu’à devenir gâteux. Il faut conduire une nouvelle génération à prendre le pouvoir.
Un seul mandat, donc ?
Il ne faut jamais dire cela. D’abord parce que, souvent, on ne tient pas sa promesse. Ensuite, cela modifie les rapports avec les individus. Quant à désigner un dauphin, c’est la meilleure façon de le tuer.