La transparence, ce n'est pas la démocratie !
Le 28 novembre 2010, le site internet Wikileaks publiait 250 000 documents rédigés par des diplomates américains. L'affaire Wikileaks est sans doute l'évènement majeur du XXIe siècle, et aura également des conséquences pour l'avenir .. C'est donc une véritable guerre pour la redéfinition de l'information, et contre la doctrine du secret défense qui s'est ouverte.
Pourtant des limites dans ce type de dérive doivent à mon sens être posées, car les domaines de confidentialités sont connus et doivent par conséquent être respectés, sinon l'on ne maîtrisera plus rien. Les informations de Wikileaks ont incontestablement rouvert le débat sur l'équilibre entre les exigences de confidentialité et de transparence. Mais attention, car ce sont pour l'instant des sujets diplomatiques et les dépêches des ambassades qui sont concernées.
Wikileaks annonce des révélations sur le "vrai comportement" des grandes banques .. Et il y a là selon moi, une limite à poser, car la vie économique a besoin de confidentialité et parfois de secret. La transparence absolu n'est pas un progrès !
Il est certes nécessaire de dénoncer des scandales (le secret autour de l'affaire Karachi est-il à ce jour encore justifier ?), mais jusqu'où ? Les comptes-rendu des négociations, des conseils d'administration ne doivent pas être connus par tous ! La confiance est nécessaire dans les relations internationales. On ne peut pas entrer selon moi, dans une société de la divulgation sur tout et n'importe quoi. Pourquoi le faire ? A qui profitera tout ça ? Quel intérêt de le faire ? Si ce n'est que de rajouter de l'huile sur le feu !
En somme, il est évident que cette affaire va fortement contribuer à ouvrir une réflexion, un débat sur le statut de l'information et du secret sur la place publique. Mais je maintiens que les Etats ont besoin de discrétion, et parfois de secret dans certains cas. Les secrets commerciaux, diplomatiques et de sécurité doivent notamment être préservés. Le lien entre la transparence et la démocratie, n'est donc pas si évident. L'information en démocratie doit-elle rester la règle de base? (personnellement je ne le crois pas), et si oui, où allons-nous ?!!!!