Lutter contre l'abstention pour combattre le FN : Tous aux urnes !
A l'annonce des résultats du premier tour des élections cantonales, un cri de stupeur retentit à travers la France : Le FN est présent dans 400 cantons pour le second tour des cantonales. A l'effervescence médiatique sans précédent suite à l'élixir de jouvence nommé Marine Le Pen semblant crédibiliser le Front National, c'est 15,33% des votants qui expriment leur confiance en ce parti d'extrême droite qui constitue un réceptacle à la colère et au sentiment d’injustice, particulièrement lorsque les partis traditionnels semblent impuissants à enrayer les risques de chute.
En parler, c'est le faire exister.
L'extrême droite ne cesse de progresser électoralement et de se « moderniser » en alliant protectionnisme national, discours pseudo social, xénophobie et autoritarisme. « Pourtant, le FN n'a pas fait campagne ! » avons nous pu entendre suite aux résultats électoraux. Mais ne nous fourvoyons pas, les ministres Hortefeux, Besson, Morano, Guéant ont eux chaque jour fait campagne pour le parti frontiste dans le but de camoufler l'échec politique, économique et social du parti présidentiel. Sarkozy s'il gagne les présidentielles en 2007 c'est grâce aux voix du FN. Il en a conscience, et si son fervent acolyte est Patrick Buisson, c'est loin d'être un hasard. C'est un boulevard qui a été labouré pour la dynastie Le Pen. En rejetant l’idée d’un « Front républicain » en prônant le « ni FN et ni PS », nous devrons faire preuve d’intransigeance et pointer de l'index l'irresponsabilité de Jean-François Copé.
Contrairement aux affirmations de Marine Le Pen interprétant ces résultats comme un vote d’adhésion, force est de constater que c’est avant tout un vote de contestation. Par ailleurs, que le FN ne possède aucun candidat sortant et donc pas de bilan sur lequel les électeurs seraient amenés à se prononcer, empêche de fait l'éventualité d'un vote d’adhésion au projet frontiste. La crise ayant accru les inégalités et poussé nombre de français dans la précarité, la misère, la pauvreté, ce vote appelle à la radicalité, à des mesures fortes qui transforment le quotidien de nos concitoyens.
Cette mosaïque unique semble sur le plan du comportement partisan se traduire par une sensibilité relative aux sirènes de l’extrême droite. Le second tour des élections cantonales s’annoncera néanmoins corsé pour le FN (parti isolé sans allié infaillible, couverture partielle du territoire français), d’autant plus qu’il n’apporte à ce jour aucune solution économique crédible, en démontre par le passé sa gestion de collectivités dans le Sud, une pure catastrophe.
Un mot d'ordre : République
Depuis, on ne parle que du score du Front National dans les médias, dans les débats politiques, en occultant le taux d’abstention record, soit 55,63% (2008 : 35,1%). Ces résultats nous montrent la fragilité de l’appareil politique et le grand canyon qui fait office de fracture démocratique. La complexité de ces élections cantonales (moitié du territoire renouvelable, RGPP), réveil tardif des médias sur l'échéance, situation internationale chargée, doivent certes être pris en considération. Mais l’aberration de la compétition électorale décrédibilise la politique : slogans, images, petites phrases piquantes priment sur le fond. On ne peut alors que constater les manquements d’un système au sein duquel est écartée une majorité de la population.
L’abstention est l’un des révélateurs d’une crise politique profonde. Flagrant lors de nos porte à porte : les personnes âgées sont généralement informées du vote qui approche, semblent attachés aux élus de proximité, se rendent aux urnes ; ce qui est loin d'être le cas des plus jeunes. L'apprentissage à la citoyenneté doit donc être repensé et asseoir son envergure dans les programmes scolaires. Une citoyenneté activement et rationnellement participante, accédant au libre marché des idées et nourrie d’une information pertinente, qui dispose de connaissances sur les enjeux en cours de l’agenda politique, constitue un prérequis pour une démocratie qui fonctionne bien. Les idées sont nombreuses pour vivifier le débat politique (mandat unique, droit d'initiative populaire, vote à la proportionnelle, démocratie dans chaque espace où il y a du pouvoir..)
PS : en avant toute !
Le Parti Socialiste arrive en tête de ce scrutin avec 25,2% des suffrages, l’UMP obtient pour sa part 17% des suffrages. Dans un tel contexte, il est évident que le Parti Socialiste a un rôle crucial à jouer. Mais l’attitude de la gauche peut paraître décevante aux yeux des Français, notamment vis-à-vis de la montée du Font National, où elle paraît tétanisée et incapable d’y répondre. Pourtant, nous avons les outils pour y parvenir. Néanmoins, il nous faut nous questionner : pourquoi dans un contexte de mécontentement social très fort depuis huit ans déjà, le PS n’obtient que 25% de suffrages ? Un parti comme celui-ci devrait au moins atteindre les 40. La route qui nous reste à parcourir jusqu’en 2012 est encore longue, le travail qui nous reste à effectuer est considérable afin de rendre notre projet politique et alternatif plus séduisant, crédible, audible et lisible.
Le Parti Socialiste devra pour reconquérir l’électorat populaire et les classes moyennes s’emparer des points cruciaux comme l’emploi, le logement, le pouvoir d’achat, l’insécurité. Il devra promouvoir une véritable politique en faveur de notre industrie, une ambition nationale en faveur de l’éducation, du développement durable, etc. Le véritable problème n’est donc pas le FN, bien que nous devons rester vigilants. La gauche, et particulièrement la famille socialiste, ne doit pas laisser pour compte combat contre les idées reçues, les tentations communautaires, qu’un certain nombre d’individus exploitent à des fins électoralistes.
Nous devons plus que jamais apporter des grilles de lectures ; l’école et l’éducation populaire jouent ainsi un rôle essentiel. Réduire le nombre d’abstentionnistes doit être l’une de nos priorités. Chaque jour leur redonner confiance en les politiques, en la politique, leur montrer que le Parti Socialiste est le bras armé pour transformer la société.
Merry -Lène LABALLE et Mathilde MAULAT