Référendum grec : oui, mais ...

Publié le par Merry-Lène LABALLE.

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Le premier ministre grec, Georges Papandréou, a décidé lundi dernier de soumettre le plan de sauvetage européen (décidé le 26 octobre) au peuple grec. La zone euro avait alors octroyé le prêt de 130 milliards d’euros à la Grèce et les créanciers privés avaient accepté d’annuler 50% de la dette grecque.

 

L’instabilité gouvernementale et l’émergence d’une opposition de plus en plus pressante à droite (dont l’objectif est de renverser Papandréou) ont donc conduit le premier ministre grec à se tourner vers son peuple.


Georges Papandréou est parfaitement dans son droit et il est notamment légitime de consulter son peuple. Mais cette consultation populaire arrive un peu tardivement et aurait du, selon moi, avoir lieu au tout début des négociations.


Ce référendum est certes un bon moyen de mettre en exergue la fragilité mais aussi la fin proche d’un système financier et économique à bout de souffle (s'impose à nous la nécessité d'imaginer une alternative crédible face au néo-libéralisme). Mais inapproprié ! Surtout après avoir approuvé le plan d’aide européen. Il est évident que l’objectif de Georges Papandréou est que le OUI l’emporte lors du référendum. Si la Grèce serait amenée à sortir de la zone euro les mesures d’austérité seront bien pires.


Notons tout de même que cette situation aurait pu être évité si l’Europe avait dés le début aider la Grèce en évitant une intervention si tardive. Fort est de constater également que les décisions prises par les dirigeants européens ne sont pas bonnes et ne feront qu’aggraver la situation en fragilisant un peu plus les populations européennes (généralisation des politiques d’austérité et du gel des salaires dans la fonction publique, casse des services publics européens et du système de protection sociale …).


Si M. Papandréou souhaitait rejeter le plan de sauvetage européen, pourquoi l’avoir signé ? Dans les deux cas les Grecs seront pris au piège. Si le OUI l’emporte, cela signifiera alors l’application des mesures d’austérité, de la soumission de la Grèce aux marchés, aux agences de notation et aux banques. Si le NON est majoritaire : bonjour le chaos …


Ce référendum apparaît plus pour le premier ministre grec comme un moyen de légitimer les politiques de rigueur du plan d’aide européen. Quelle sera alors la légitimité des manifestations grecques ?

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