Sécurité gazière de l'UE: c'est pas gagné !

Publié le par Merry-Lène LABALLE.

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Le Centre d'Analyse Stratégique (CAS) a publié le 2 avril dernier le rapport "la sécurité gazière de l'Europe de la dépendance à l'interdépendance". La dépendance de l'Union Européenne vis-à-vis du gaz russe constitue l'objet principal de ce rapport. Le gaz joue aujourd'hui un rôle décisif dans la géopolitique.

 

 

 

 

En effet, il s'impose de plus en plus dans les rapports internationaux, et à l'avenir, compte tenu de l'épuisement des ressources pétrolières, le gaz devrait être amené à jouer un rôle important sur la scène énergétique mondial. Les ressources sont principalement concentrées dans des zones géographiques sensibles : Russie qui détient 1/4 des ressources, Iran, Sibérie et Asie centrale.

 

 

 

 

 

Depuis quelques années, l'Europe doit faire face à de multiples coupures de livraisons de gaz russe (2005, 2006, 2009), elle est devenue l'otage des querelles entre Moscou et l'Ukraine sur le prix des hydrocarbures. La dépendance de l'UE est considérable, comme je l'ai déjà expliqué dans un précédent article. http://merrylaballe.over-blog.fr/article-la-politique-energetique-de-l-ue-46064266.html

 

 

 

 

 

Elle importe 58% de son énergie (la France 55%, l'Allemagne 65%, l'Italie 86%), de même que les réserves britanniques, néerlandaises et norvégiennes s'épuisent peu à peu, ce qui dans ce sens contribura d'avantage à l'accroissement de la dépendance énergétique de l'UE dans les années à venir. Les prévisions pour 2020 affirme que l'Europe importera 70% de son énergie primaire, et 90% de son pétrole.

 

 

 

 

Le problème est qu'il n'existe à ce jour aucune politique commune de l'UE en matière énergétique pour répondre adéquatement à ses défis. En effet, aucun traité n'impose une politique énergétique commune, et malgré la publication en mars 2006, du livre vert de la Comission sur la politique énergétique, les pays membres persistent à mettre en avant les intérêts de leurs pays et de leurs multinationales (Total, EDF, GDF, Bristish Gas, RWE).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il serait donc temps de prendre de véritables mesures afin d'apporter des alternatives crédibles et adaptées pour résoudre le problème de la dépendance énergétique de l'UE par rapport aux pays exportateurs.

 

  

 

 

 

Pour cela, l'UE devra répondre à plusieurs objectifs: poursuivre tout d'abord sa réduction de consommation, déveloper ensuite de nouveaux partenariats énergétiques avec les pays fournisseurs (Russie, Moyen-Orient, Afrique du Nord) pour diversifier ses approvisionnements). Ce partenariat devra être basé sur un programme d'infrastructures, un travail en commun sur les technologies énergétiques, un plan d'efficacité énergétique, et sur les énergies renouvelables.

 

 

 

 

 

Nous devrons réfléchir également à la mise en place d'un marché intérieur de l'électricité et du gaz pour renforcer notre sécurité (terminaux GNL), également d'un réseau transeuropéen qui n'est à ce jour pas suffisamment développé, et figurant parmi les objectifs du traité de Maastricht, et enfin l'UE devra se doter d'instruments appropriés et investir dans les infrastructures de transport de gaz et d'électricité (interconnexion transfrontalières, gazoducs).

 

 

 

 

Le consensus des Etats membres prendra surement beaucoup de temps, néanmoins la crise géorgienne nous a rappelé toute l'importance de la sécurité énergétique. La volonté politique de l'UE ne manque pas pourtant : un second gazoduc alternatif "Nabucco" a fait son apparition, ce réseau transeuropéen partant de la Géorgie en passant par la Mer Caspienne pose en revanche de nombreux problèmes (instabilité des régions (Iran et Azerbaïdjan), non résolution du statut légat de la Mer Caspienne).

 

 

 

 

Il nous faudra donc approfondir notre réflexion sur la mise en place de nouveaux projets visant à diversifier nos sources d'approvisonnements (TGI, South Stream).

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